Le cerveau et son striatum

Il y a une part inconsciente dans notre cerveau qui nous dicte, nous commande des grands désirs.

Source wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Striatum

le striatum est conçu pour libérer de la dopamine, cela donne du plaisir, et les analyses récentes en neurosciences permettent de connaître les contextes ou conditions dans lesquelles le striatum libère de la dopamine et donc procure du plaisir.

  1. Récupérer le plus d’informations possibles sur notre environnement.
  2. Manger
  3. Avoir des relations sexuelles
  4. Avoir du statut social, du prestige – se comparer aux autres.
  5. Obtenir le plus de confort possible.

Le striatum, un outil pour nous aider à survivre au départ

Ces motivations nous ont permis de survivre dans un environnement hostile durant les milliers d’années qui précèdent l’époque actuelle.

1 – La première condition de cette activation de dopamine, et donc source de plaisir, c’est quand on arrive à récolter un maximum d’information autour de nous.
Le striatum a été conçu dans le but de répondre à la notion de survie. Les informations perçues par le cerveau via nos sens pouvaient à l’époque permettre de faire la différence entre par ex :
trouver du gibier via un indice comme une empreinte et renseigner sur le gibier, ou
… informer sur un prédateur, donc faire la différence entre vivre et mourir.
Chaque information assimilée nécessaire à la vie donnait du plaisir, sentiment de victoire.
Ça, c’est le striatum…

2 – A l’époque, trouver de quoi se nourrir relevait du combat pour la survie. De ce fait, le principe consistait à manger tout ce qu’on chassait, dans le cas où l’on ne trouve plus de nourriture avant plusieurs jours.

3 – Le striatum a également été conçu pour la survie à long terme via la transmission des gènes par l’activité sexuelle.

4  – Le striatum libère également du plaisir par rapport au statut social, ainsi plus le rang d’un individu était élevé, plus il avait du plaisir.

5 – Pour finir, le confort, plus on vit dans le confort, plus le striatum nous donne du plaisir.

Le problème du fonctionnement du striatum à notre époque

Aujourd’hui, notre époque a changé, et notre mode de vie également. On vit entouré de technologies qui nous proposent les choses qui donnent du plaisir toujours plus vite. On peut avoir tout ce que l’on veut tout de suite ou presque avec un simple clic sur un téléphone ou clavier d’ordinateur. Nous sommes sur-stimulés d’informations.
Nourriture, sexe, voyage, voitures, bateaux, maisons…
Il y a une chose importante à considérer, tout ce que l’on peut vouloir (presque) peut être acheté par le biais de l’argent que nous possédons.
Donc, tout va dépendre du niveau de richesse, l’individu est devenu un hyper consommateur, et les tentations via le marketing de masse n’aident pas et incitent à acheter toujours plus.
Aujourd’hui, quand on a faim, on éprouve du plaisir, on continue de manger par plaisir au-delà du besoin, ce qui, cumulé à d’autres facteurs, donne le taux d’obésité actuel.

Le striatum est programmé génétiquement pour en demander toujours plus…
Aujourd’hui, plus de gens meurent d’obésité que de malnutrition ou carence alimentaire…
Quand au sexe, c’est 136 milliards de vidéos porno par an = 35 % transport aérien en gaz à effet de serre.
Notre striatum ne possède pas de système permettant de nous réguler.
Notre striatum, c’est nous, et nous n’avons pas été conçu pour nous auto limiter.

On peut avoir tout tout de suite et on ne supporte plus d’attendre. Stagner ou freiner le rythme diminue la production de dopamine et donc de plaisir, on devient alors malheureux, ce qui peut mener à la déprime, la dépression…
Le striatum ne produit que lorsque notre courbe monte. Il ne produit pas quand elle stagne, ni quand elle descend…
Plus un plaisir est envisagé ou programmé dans un avenir lointain, moins le cerveau va produire de la dopamine, donc moins de plaisir pour l’humain.

Le cerveau ne prend pas en compte les risques à long terme de nos objectifs de plaisir à court terme.

 

Vers un espoir d’autorégulation de nos comportements ?

En revanche, selon des découvertes, on a pu observer différentes manières de produire de la dopamine et donc du plaisir qui peuvent nous sauver de nous même :

  • – prendre du temps, plusieurs minutes, à observer de la nourriture avec nos sens, d’abord regarder, quelques minutes, ensuite sentir, un peu comme une méditation…
  • – la curiosité face à des énigmes sur lesquels se focaliser et chercher la réponse, la logique, sans même forcément trouver, produit de la dopamine donc du plaisir.
  • – enfin, l’altruisme sincère et le partage. Il a également été observé que chez des filles, pas toutes mais beaucoup, cela était naturel. Et selon les recherches, cela vient du fait que petites, on est content de voir une fille quand elle agit ainsi, ce qui implique qu’on attend cela d’une fille.

On lui donne un statut social en la félicitant, en montrant qu’on est content, satisfait quand elle agit ainsi, ce qui n’est pas le cas s’agissant d’un garçon, ce qui implique donc un conditionnement social dès la jeune enfance.

Donc on peut supposer que si l’on montre qu’on attend la même chose des garçons que des filles, sans distinction entre les 2, des garçons deviendront plus altruistes ou plus facilement…
D’autres études récentes des interactions humaines montrent que les personnes à écouter aujourd’hui sont les personnes qui se projettent sur le long terme. Cela exclut par exemple les politiques, soumis à l’urgence constante du court terme…

Ces personnes qu’il faut écouter, ce sont les jeunes adultes et les enfants.
Les jeunes adultes cherchent l’activité qui va définir leur avenir. Ils se posent donc forcément la question de l’avenir. Ils sont en recherche de stabilité, et ont encore dans leur cerveau la vision de l’enfant qu’ils étaient il y a encore peu…

Ils sont plus souples que les adultes qui eux sont figés dans leurs certitudes ancrées…

Ce n’est pas que les adultes n’entendent pas (bien que ce soit chez ces derniers que l’on retrouve le plus de climato-sceptiques) mais dans la plupart des cas, ils sont prisonniers de leurs habitudes.
Ce sont majoritairement les jeunes que l’on a vu en premier dans les rues pour la défense du climat (également pour le système éducatif…).

Les adultes, eux, sont sortis dans la rue d’abord pour les taxes, retraites, les conditions de travail, donc pour de nombreuses raisons, mais pas pour le climat comme priorité.

Il y a des initiatives individuelles, ce qui montre une prise de conscience. Cependant, tous les indicateurs de consommation sont à la hausse…

L’éducation montre la malléabilité du cerveau.
Elle est probablement l’issue privilégiée au problème mondial.
Le patrimoine de l’humanité est le savoir.
L’humain possède un grand talent dans la transmission de ce savoir.
L’émotion est le moteur de la transmission du savoir. Il a été observé que les neurones se reconnectent entre eux quand le savoir est transmis dans l’éducation avec de l’ émotion.

 

 

Le fait est que nous avons été jusque là éduqués dans l’idée d’avoir toujours plus…un job valorisant, un salaire, le tout nous conférant un statut auprès des autres…

Nous avons tous un striatum, et nous avons tous la clé en chacun de nous pour utiliser ce striatum en étant le capitaine et non la victime de nous mêmes.
Nous sommes tous capables d’altruisme, nous avons tous le choix.
Nous avons également cet outil à fort potentiel qu’est l’éducation.

Conclusion

Nous avons tous un striatum. Il nous récompense par du plaisir chaque fois que nous augmentons nos chances de survie.
Mais dans une civilisation globalisée où tout est accessible rapidement et facilement, il nous pousse à toutes les addictions et à tous les excès allant jusqu’à menacer la survie de l’espèce dans ce monde de ressources finies.
Notre seule chance de survie devient alors « d’hacker » le fonctionnement du striatum pour nous récompenser sur de nouvelles valeurs, d’où les enjeux éducatifs majeurs.

L’humanité est-elle en train de franchir un nouveau cap ?

 

 

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